[hygiène]comment chier dans les bois?

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Re: [hygiène]comment chier dans les bois?

Message par Barnabé le Sam 5 Juil - 22:20:10

KrAvEuNn a écrit:Salut Robinsone,

Je l'ai expliqué sur le topic dédié aux toilettes sèches, séparer l'urine des fecs et assécher la sciure est seulement utile pour ceux qui vivent en appart et qui veulent réduire la quantité du "compost" et vider moins souvent leurs TS (toilettes spéciales : nécessitant un système d'aération électrique). L'urine est nécessaire à un bon compostage et comprends des éléments indispensables.


Je ne suis pas d'accord avec cela. L'urine est riche en azote, or la crotte est déjà riche en azote. Si on met toute l'urine, on risque d'avoir un mélange trop azoté et trop humide.

Pratiquement, ça ne veut pas dire pisser à un endroit et chier à un autre. Il suffit d'avoir dans les toilettes sèches une sorte de plaque judicieusement positionnée sur l'avant des toilettes, qui récupère l'urine des hommes et des femmes qui est propulsée vers l'avant du fait de la pression endogène de la vessie et du méat, sans interférer avec la chute verticale de la crotte soumise à la loi de la pesanteur. Cette plaque conduit à un entonoir puis un tuyau qui sépare l'urine. Si une partie de l'urine passe quand même dans le compost (enfants, personnes inexpérimentées), ce n'est pas un problème. L'essentiel, c'est de diminuer au moins partiellement la quantité de liquide passant dans le compost.

Ca ne veut pas dire que l'urine soit perdue. L'une des toilettes sèches les mieux conçues que j'ai visitée (et utilisée) envoyait la pisse vers des bidons, qui étaient utilisés après dilution pour abreuver un banc de consoude de Russie. La consoude servait ensuite d'engrais vert. Il s'agissait donc d'un magnifique exemple de recyclage de la fertilité au travers d'un engrais vert.

Inversement, si on met toute l'urine dans les toilettes sèches... et bien elles ne soint plus vraiment sèches ! Soit on met un drain en bas de la cuve, et on récupère un affreux liquide souillé par la crotte, soit on laisse tout et on risque d'être franchement trop humide.

Après, c'est sûr que ça dépend de la nature des utilisateurs et de leur comportement. S'il n'y a que des mecs qui pissent dans la haie sauf grosse commission, on aura moins d'ennuis que s'il s'agit des toilettes sèches d'une communauté de bonnes soeurs !

Barnabé
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Re: [hygiène]comment chier dans les bois?

Message par KrAvEuNn le Dim 6 Juil - 6:51:33

Salut,
Barnabé a écrit:Je ne suis pas d'accord avec cela. L'urine est riche en azote, or la crotte est déjà riche en azote. Si on met toute l'urine, on risque d'avoir un mélange trop azoté et trop humide.
Et bien écoutes, les avis divergent alors : "Il ne faut pas non plus séparer l’urine et la matière fécale car l’azote des urines est indispensable pour ajuster le rapport carbone/azote. Il ne faut pas non plus faire évaporer l’eau contenue dans les selles car elle assure le bon démarrage du processus de transformation en humus..."
Perso je ne sépare pas les urines des excréments et mon compost est, jusqu'à présent, riche et fertile. Quand à l'humidité du mélange, il suffit de jouer sur la quantité de sciure et sur la protection du compost de l'eau de pluie désolé
Faut-il séparer les urines des matières fécales ?
Les modèles de toilettes sèches manufacturées le proposent fréquemment. L’objectif de la séparation est de réduire le volume de déchets. Les selles étant déshydratées (électriquement ou par ventilation naturelle) ou compostées (brassage électrique), et les urines évacuées par un drain. La séparation peut aussi être utilisée pour une application collective des toilettes sèches (immeuble) avec des modes de collecte et de compostage adaptés.
Tant qu’elles ne rentrent pas en contact avec les selles et que la personne est en bonne santé, les urines sont stériles (pas de germes pathogènes) et, riches en azote, constituent un engrais pour les plantes. Cependant dès que ces conditions ne sont pas remplies, les urines doivent être traitées pour ne pas être source de pollution.
Certains modèles nécessitent une modification du comportement : on urine à un endroit et on défèque à un autre sur une lunette adaptée. Dans ce cas, à priori pas de contact.
Les autres modèles séparent mécaniquement les deux. Techniquement un tamis récupère les fèces, les urines traversant le tamis jusqu’à un récipient en dessous. Là, il y a contact, et les urines ne devraient pas être rejetées dans la nature sans retraitement préalable.
La toilette à compost mélange l’urine et les selles. L’urine apportant l’humidité nécessaire au bon fonctionnement du compost. Seul le compostage, par la montée en température, détruit les germes pathogènes (ce que n’opère pas la déshydratation).
Inversement, si on met toute l'urine dans les toilettes sèches... et bien elles ne soint plus vraiment sèches !
Les toilettes sèches sont nommées ainsi par opposition aux toilettes à eau (humides) et parce que l'on utilise de la matère sèche pour le traitement des déjections. Un nom plus approprié serait : toilettes à litière biomaitrisée.
Après, c'est sûr que ça dépend de la nature des utilisateurs et de leur comportement.
Exacte clind'oeil Il est nécessaire de ne pas séparer urine/sèles/matières carbonnés. Sans cela des produits tels que l'amoniac se forment.
Un détail important : le blocage des réactions enzymatiques n’a lieu qu’en milieu humide, donc en présence d’urine. C’est la raison pour laquelle on ne peut, en aucune manière, séparer l’urine et la matière fécale. De plus, afin d’empêcher le démarrage de la minéralisation de l’azote, l’adjonction de la cellulose végétale (la litière utilisée ) doit intervenir directement après la production de la déjection.

Toilettes sèches et idées fausses


La première idée fausse est la séparation de la matière fécale et de l’urine.
Un concepteur danois de toilettes sèches a exposé un jour à une conférence publique organisée par un architecte bruxellois [1] que «les animaux dans la nature ne défèquent et n’urinent pas nécessairement à la même place». Il est donc tout à fait «naturel» de séparer les deux effluents. Cette justification manque de données scientifiques.
Il vaut mieux dire franchement qu’on sépare les deux pour des raisons de commodité technique: la volonté d’espacer les manutentions des effluents. L’urine, facile à stocker dans un réservoir séparé, constitue 90% de la masse de nos déjections. Les fèces desséchées occupent peu de place. Dès le moment où l’urine est évacuée de la toilette par simple écoulement, l’enlèvement du peu de matière solide qui reste peut attendre plusieurs mois. Grâce à cette astuce, l’usage de la toilette sèche s’apparente à celui d’un W-C. L’usager de passage ne voit pratiquement pas la différence. Les nouvelles technologies viennent à la rescousse: la cuve reçoit un revêtement à base de silicone sur lequel les liquides n’adhèrent pas et l’urine ruisselle sans laisser de traces. L’objectif fixé par les constructeurs est atteint: nos excréments sont évacués hors de notre vue. Nous pouvons continuer à faire semblant d’ignorer le problème.

Au niveau technique, la séparation de l'urine fait automatiquement émerger le problème des odeurs qui nécessite des solutions complexes et coûteuses. Comme nous allons le voir à propos de la toilette à litière biomaîtrisée , la clef de la maîtrise simple des odeurs se trouve précisément dans la réunion de l’urine, de la matière fécale avec la litière. Lorsqu’on sépare les deux, les odeurs apparaissent des deux côtés. Pour les évacuer, il faut un système de tuyauterie et de ventilation forcée. Une toilette sèche classique comme la Clivus Multrum [2] occupe la place d’une chambre dans une habitation, sans parler du percement du plancher, du plafond et du toit. Une panne de courant et le système d’aspiration, qui doit tourner 24 heures/24, cesse de fonctionner: c’est l’apparition des odeurs et… des mouches.

La deuxième idée fausse est d’assimiler les fèces desséchées à de l’humus.
Pratiquement la totalité des toilettes sèches du commerce fonctionne suivant le même principe [3] . En consultant les catalogues, hauts en couleur de ces toilettes, on relève la discrétion concernant le devenir des urines. Ce qui est le plus choquant, c’est qu’on appelle «compost» un produit qui n’est rien d’autre que des fèces desséchées. Dès qu’on a séparé les urines, le compostage des matières solides devient problématique. Lorsqu’on mélange ces matières avec de la tourbe, il n’y a, au mieux, qu’une sorte de maturation par dessèchement, mais nullement de la formation d’humus.
La troisième idée fausse est de croire que l’urine stockée peut être utilisée dans le jardin, sans nuisances.
L’urine est recueillie dans un réservoir où, grâce à l’action d’un enzyme toujours présent dans l’urine [4] , l’azote organique se transforme assez rapidement en ions d’ammonium. C’est ce qui explique l’odeur d’ammoniac (NH3) de l’urine qui séjourne quelques heures dans un pot de chambre ou dans un seau hygiénique. Compte tenu du fait qu’environ 80 % de l’azote organique contenu dans nos déjections se trouve dans l’urine, on comprend l’importance du devenir de l’urine pour le milieu récepteur.
En fait, sous forme ammoniacale, l’azote ne peut suivre dans la nature que le chemin de l’oxydation. Il se forme ainsi des ions nitreux (NO2-) particulièrement toxiques qui s’oxydent en nitrates (NO3-). L’urine stockée dans le réservoir de la toilette devient un concentré d’ammonium contenant des ions de nitrites et de nitrates. Les constructeurs des toilettes sèches recommandent d’utiliser l’urine stockée en la diluant 8 fois pour l’irrigation des plantes.
Après avoir ajouté de l’eau pour diluer 8 fois l’urine, on se demande ce que devient l’économie d’eau annoncée pour justifier l’installation. Le véritable problème réside dans le processus de percolation et d’oxydation de l’ammoniac contenu dans le liquide. Sous forme ammoniacale (NH4+), l’azote s’infiltre encore plus facilement et rapidement [5] dans la nappe phréatique que sous forme nitrique et constitue une pollution particulièrement pernicieuse. Les ions d’ammonium présents dans le liquide épandu en surface s’oxydent en nitrates. Ceux-ci ont incontestablement un pouvoir fertilisant et agissent comme un engrais chimique, mais d’une manière plus nuisible, car ils contiennent en outre, des ions nitreux (NO2-) très toxiques. Affirmer donc que les urines stockées et dilués peuvent être utilisés sans nuisances dans le jardin est une position qui ne peut être justifiée que par l’ignorance complète des processus physico-chimiques qui ont lieu dans l’urine stockée et ceux qui régissent la vie du sol.
En résumé, l'épandage de l'urine dans le jardin s'apparente à celui du lisier d'élevage. Cela est d'autant plus vrai, que les fèces désséchées y aboutissent également. Normalement, ce type d'épandage est également soumis aux même réglements que celui du lisier d'élevage. La quantité d'azote (N) épandu sous forme de lisier ne peut pas dépasser 200 kg par an par hectare. Pour épandre donc avec l'urine et les fèces les 10 kg d'azote que "produit" annuellement une personne, il faut un jardin d'au moins 5 ares (500 m²). Une famille de 4 personnes devrait dont disposer d'un jardin de 20 ares. En-dessus de cette valeur, il y a dépassement des normes.

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Re: [hygiène]comment chier dans les bois?

Message par Raffa le Dim 23 Aoû - 11:52:55

On commercialise désormais des toilettes portables en carton appelé shit box (même pas une blague clind'oeil )

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Re: [hygiène]comment chier dans les bois?

Message par Invité le Dim 23 Aoû - 12:06:27

Salut,

Je confirme ce que dit KraveuNn:
Pour qu'il y est une bonne décomposition du "compost" des toilettes séches, il faut que les lombrics et autres vers puissent vivre dans un milieux riche en humidité, lors du compostage.
L'urine a son utilité dans le processus, et perso, je ne sépare pas.

Les champis les bactéries, les insectes et autres vers, on besoin d'eau pour vivre.
Comme pour le BRF, la sciure demande une grande quantité d'azote (urine) pour ce métaboliser.
On note que le BRF par incorporation provoque la "Faim d'azote" dans les cultures, donnant ainsi un effet contre-productif...une perte de la fertilité.
(pas de probléme en paillage)
@+

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