[Littérature] romans dédiés à la survie

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Re: [Littérature] romans dédiés à la survie

Message par logan le 29.12.10 14:04

Parmi les cadeaux de noel de la famille, je suis tombé ce weekend sur "L'impossible sauvetage de Guy Labour" offert au grand père.


J'ai pu le survoler et cette histoire vrai vaut le détour. C'est d'ailleurs celle qui a inspirée la Grande Crevasse de Frison Roche.
En soi, l'expérience de survie en elle même ne constitue que quelques pages du bouquin. Je vous fais donc un petit résumé de ce que j'ai trouvé le plus intéressant.

(a éviter de lire quand même si vous comptez acheter le bouquin)

Guy Labour (27 ans) part seul (en 1934) pour l'escalade d'un petit mont glacier sur une journée (aller-retour), il n'emporte donc qu'avec lui le minimum pour cette journée. De mémoire : 1 sac à dos, 1 corde, 1 piolet, 10 barres de céréales, quelques pruneaux, 1 quart, 1 bougie, 1 ou 2 sachets de thé, quelques allumettes dans une petite boite métallique, et c'est à peu près tout.
(photo du bonhomme durant une autre sortie)
Il n'arrive pas à atteindre le sommet et fait donc marche arrière en fin de journée. Sur la fin du chemin retour, il prend un chemin détourné (ce qui empéchera les sauveteurs de le trouver rapidement) et il tombe dans une crevasse du glacier, dans laquelle il restera bloqué durant 8 jours.

Les recherches sont lancées tardivement (au bout du 2ie ou 3ie jour je crois), suite à un concours de circonstances, car peu de gens étaient au courant de sa balade.
Au bout du 5 ou 6ie jour, les sauveteurs veulent abandonner les recherches estimant qu'il est impossible qu'il est survécu. Son père décide de payer 2 sauveteurs pour qu'ils continuent les recherches, et ils le retrouveront donc au bout de ce 8 jour. Ils cherchaient en fait son corps et ont été plus que surpris de le trouver en vie.

Le plus interessant est en partie la manière dont il s'est organisé pour réussir à survivre :

- Schéma de la crevasse où il est tombé, et le petit surplomb où il a passé ces 8 jours
(l'image de la cordelette pour le linge est imaginée à mon avis, enfin je ne l'ai pas vu dans le bouquin)


- Les 2 ou 3 premiers jours, il a essayé de remonter par lui même. Son piolet étant resté en haut, il tente de se creuser des marches avec un morceau de glace. Sans succés, la deuxième fois, il manque de tomber plus bas et abandonne donc.
- Durant les 6 premiers jours environ, il arrive à boire et à s'alimenter juste en : faisant chauffer de la neige dans son quart avec sa bougie, et en trempant dedans puis mangeant une barre de céréales par jour.
- Les 2 derniers jours, il est trop faible pour bouger, et réussi juste à s'hydrater un peu, par de la grêle qui tombe, en ouvrant la bouche.
- Durant ces 7 nuits, il se couche sur la corde qui l'isole un peu du sol, et se sert de son sac à dos comme mini sac de couchage.
- Il explique aussi que pour combattre le froid (intense à l'intérieur du glacier), il n'a pas arrêté de se répéter qu'il n'avait pas froid. Son corps était gelé mais son esprit n'avait apparement pas cédé à la panique de cette sensation.
- Il a aussi tenu constamment des notes dans un petit cahier. Les derniers jours c'était apparement le seul effort physique qu'il faisait : réussir à tenir le stylo, écrire comme il pouvait. Mais c'était un objectif motivant qui lui permettait de garder contact avec la réalité.

Enfin voilà .. Un petit bout de cette histoire assez incroyable, où il a donc apparement survécu en grande partie grâce à son mental, sa bonne condition physique, et son expérience.
Au final, il a été amputé de quelques phalanges aux pieds, mais celà ne l'a empêché de regrimper et faire d'autres sommets quelques mois après.

Quelques autres remarques que je me suis fait en lisant le bouquin :
- Nouvelle preuve de l'utilité d'un sifflet. Il a tenté de se signaler plusieurs fois lorsqu'il a entendu des groupes de recherches passés à proximité durant les 1ers jours, mais sa voie ne portait pas assez loin (atténuée par la crevasse).
Il a quand même sifflé avec sa bouche, mais malheureusement un groupe de randonneurs qui n'étaient pas au courant des recherches, ont pris ce bruit pour celui d'animaux.
- Utilité d'une bougie : Sans ce simple petit bout de bougie, il n'aurait tout simplement pas survécu. Ça lui a permis de boire tiède durant les 5-6 premiers jours, et de se réchauffer un peu les mains sur son quart.
- Toujours prévenir quand on part en rando, rester sur les chemins normaux pour faciliter les recherches.
- Et bien sûr l'importance avant tout du mental, qui a apparemment fait une sacré différence dans son cas, ainsi que sa très bonne condition physique.

PS : L'article de Frison Roche à l'époque

logan
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Re: [Littérature] romans dédiés à la survie

Message par Rammstein le 21.01.11 20:51

Le roman qui suit m'avait tapé dans l'oeil lors de sa sortie en 1995, mais étant fauché à l'époque j'avais choisi d'attendre sa sortie en poche. Pas de chance, cela ne s'est jamais produit, toutefois on le trouve désormais assez facilement d'occasion...

Ce roman - Là-bas au nord - est le 3e de James Dickey, l'écrivain rendu célèbre par son œuvre Delivrance. Il décrit également une lutte pour la survie.

Le 8 mars 1945, à la veille d'Hiroshima, le B-29 du lieutenant Muldrow est abattu au-dessus de Tokyo. Dès le lendemain, l'aviation américaine bombarde la capitale nippone. Piégé dans la ville en flamme, Muldrow s'échappe avec pour seules ressources un couteau et son kit de première urgence. Commence l'odyssée de ce chasseur d'absolu, soldat de l'impossible, par-delà les terres ennemies, où le nord l'appelle. Obéissant aux règles du combat, Muldrow avance, avance toujours, avec la prudence de la perdrix des neiges et la fulgurance du carcajou. De rencontres en camouflages, il apprivoise le vent, dompte le froid, commande au feu. Animé par l'esprit de la guerre il fait de la forêt son élément, du fauve sa couleur, de l'animal sa nature. Traque au sein des mécanismes de survie, Là-bas au nord est une histoire clinique de l'extrême. Un livre qui tonne comme un roman d'action, et chante comme un poème.

Bon, la description est prometteuse mais inexacte : Muldrow est sergent ! Quant au livre, il est passionnant, malgré 2 ou 3 passages s'étirant en longueur, lorsque le poète prend le pas sur le romancier. Le récit est raconté à la première personne, et l'on vit littéralement les péripéties du narrateur. D'une situation désespérée, on en vient à reprendre espoir et à souhaiter qu'il s'en tire.

Le narrateur pratique un art consommé du camouflage et excelle dans la (sur)vie en climat froid. Cela sera-t-il suffisant pour échapper à la mort ?

Rammstein


Dernière édition par Rammstein le 15.12.11 21:43, édité 2 fois

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Roman dédié à la survie

Message par Iv@nhoe le 15.12.11 18:13

Bonjour,

Je viens de finir le roman de Vassili Peskov, "Ermites dans la Taïga", dont Ramstein avait déja brievement parlé, mais sans s'étendre, et surtout sans essayer de voir les leçons qu'on peut en tirer.

Donc, je reprends : au début des années 80, une équipe de géologues découvre au fin fond de la sibérie une famille de "vieux croyants", une espèce de secte orthodoxe, qui avait fui dans la taïga depuis la seconde guerre mondiale :
donc, 40 ans autonomie totale dans des conditiondans s... siberiennes. Une histoire incroyable.

Ce que je peux en tirer comme enseignements le cadre "survie en K2KK" :
- C'est vraiment une existence misérable. Je pense que la seule chose qui a pu faire tenir ces gens, c'est leur espèce de ferveur, qui fait que en fait, c'est eux qui ont choisi leur exil, il ne leur a pas été imposé. Ils refusaient la modernité comme étant sacrilège.

-ils mangeaient en gros que des patates. Des patates et des graines de cèdre. Pas de carences notable, le patriarche a vécu jusqu'à plus de 80 ans. Des patates !! A retenir : un légume robuste, et surtout... facile à cultiver. A noter : plusieurs fois, au cours de leur isolement de 40 ans, il y a eu de graves pénurie, récoltes mauvaises, qui fait que c'était une effroyable famine l'hiver, où il a fallu toute la force morale pour ne pas manger ce qui leur serait nécessaire pour pouvoir planter une nouvelle récolte l'année suivante. L'été, ils découpaient les patates en fines tranches qu'ils faisaient secher au soleil, pour la consommation l'hiver.
La patate semble le légume de survie par excellence. Je crois qu'une des gentilles forumeuse d'ici a mis un lien vers un pdf d'un bouquin du début du XXeme siècle qui traite de la patate, sa culture, sa récolte, ses emplois, sa conservation... un pdf à telecharger de toute urgence et à garder...

- a la fin, c'était le métal qui était le plus précieux. Le moindre ustensile était utilisé jusqu'au bout du bout, utilisé et réutilisé, et réutilisé encore... a ce niveau d'autarcie, le moindre bout de métal a une valeur énorme.

-ils avaient leur métier à tisser, et fabriquaient une sorte de tissus... à partir de je ne sais pas quel plante.

-ce qui les avaient fait tenir, c'est le fait d'avoir un poele en métal... qui leur permettaient de ne pas mourir de froid.

-La chasse, était une activité vraiment marginale. Ils faisaient des pièges, avec de grands trous, aussi pour essayer de tuer les ours qui étaient souvent une menace. La capture de rennes était exceptionnelle et pouvait se compter sur les doigts d'une main, sur 40 d'éxil...

-conditions de vie et d'hygiène déplorable : leurs cabanes étaient ridiculement petites (pour garder la chaleur, je suppose), et sol mou fait de détritus...

-beaucoup d'artisanat à partir d'écorce de bouleau... dont on a pas l'équivalent en France, je crois...

....
scratch

Iv@nhoe

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Re: [Littérature] romans dédiés à la survie

Message par Raffa le 15.12.11 19:53

Un petit tour dans mes vieux bouquins pour vous en recommander 3 (désolée si déjà cités, je ne les ai pas vus)

Survivre de Douglas Robertson. Histoire vraie
Le 15 juin 1972, le schooner La Lucette vogue en plein Pacifique. A son bord, Dougal Robertson, sa femme et leurs trois enfants en route pour un tour du monde. Soudain, les terribles épaulards attaquent. En une minute le bateau coule et la famille Robertson ne doit son salut qu'à un radeau pneumatique hâtivement jeté à la mer. Commence alors la plus extraordinaire histoire de survie en mer jamais vécue. Durant des semaines, avec au départ trois jours de vivres seulement, sans carte ni compas, les Robertson vont dériver. « Survivre ! » tel est le cri de rallie-ment de tous. Survivre à la faim, à la soif, aux lames de dix mètres de haut, aux pluies tropicales, aux attaques des requins. A la présence immense et inhumaine du Pacifique. Jamais pourtant les naufragés ne désespérèrent ni n'abandonnèrent la lutte. Et c'est au matin du 38e jour qu'un thonier japonais croisa leur route...

Un peu dans le genre Ravage de barjavel déjà cité je crois,
Malevil de Robert Merle Un livre postapo prenant, que j'ai beaucoup aimé
Avril 1977. Une explosion nucléaire détruit la terre. La planète est carbonisée. Des milliards de morts, la faune décimée, la flore saccagée. Seulement quelques hommes échappent à la mort. Ceux qui étaient protégés le jour de l'événement, dans une cave par exemple. Ils se retrouvent subitement seuls au monde : plus de famille ni de voisins, plus de journaux ni de radio. Robert Merle se met a la place de l'un d'eux, Emmanuel Comte, et écrit le journal de bord de la dizaine de survivants réfugiés dans le domaine de Malevil. La description de la vie du groupe après l'explosion est minutieuse et Robert Merle décrit avec un regard quasi-anthropologique le fonctionnement de cette microsociété. A partir de ce groupe, qui bascule du jour au lendemain de la modernité vers une forme de vie primitive, Merle élabore une réflexion forte sur les fondements de la vie en société.
Suite : dossier très détaillé (trop si vous voulez le lire)

+/-HS. Du même je conseille La mort est mon métier non pour les enseignements éventuels en survie pratique... mais pour comprendre.
De wikipedia : La mort est mon métier est une biographie romancée de Rudolf Höß (renommé Rudolf Lang dans l'ouvrage). Rudolf Höß était le commandant du camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz pendant la Seconde Guerre mondiale.
Heu et en fait quasi tous les Robert Merle sont tout bons Very Happy

Z comme Zacharie de Robert C. O'Brien C'est un livre que j'ai lu gamine (de fait, c'est un livre jeunesse) et que j'avais adoré. Encore du postapo
Sur la terre ravagée par un cataclysme, Ann [une ado] reste seule dans sa vallée miraculeusement épargnée. Avec quelques animaux, la petite ferme, elle redécouvre le travail dans la nature comme avant les machines. Mais il y avait un autre survivant... Est-ce la promesse d'une vie à deux où tout peut renaître ? Ou bien l'inconnu porte-t-il avec lui une menace plus redoutable que celle des radiations mortelles?

C'est tout pour ce soir, Bonne soirée

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Re: [Littérature] romans dédiés à la survie

Message par Cyrus_Smith le 29.01.12 11:16

Tout d'abord, suite à la recommandation de Rammstein, j'ai lu Là-bas au nord (en vo; son titre est To the White Sea). Et il est en effet très bien! Je le recommande aussi et remercie Rammstein en même temps! Very Happy



Sinon, je crois que Les enfants de Noé de Jean Joubert n'a pas encore été cité (Médium, 1987).

C'est un roman d'anticipation destiné à la jeunesse (mais qui est très bien pour les adultes aussi!). Le côté anticipation a un peu vieilli mais pas de manière gênante (l'histoire se passe en 2006 et il y a des "visiaphones" et une ville sur la Lune, mais ça reste accessoire dans l'intrigue), et le reste n'a pas bougé.

L'intrigue est la suivante: une famille de parisiens s'est installée dans un chalet isolé des Hautes-Alpes suite à l'héritage de celui-ci conjugué à la "crise de la quarantaine" du père.
Quelques temps après, fin février 2006, suite à des expériences au pôle Nord, une épaisse couche de neige (plusieurs mètres) recouvre toute l'hémisphère nord.
Comment la famille va-t-elle survivre, dans son chalet enseveli sous sept mètres de neige? fumeur

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Re: [Littérature] romans dédiés à la survie

Message par Barnabé le 16.02.12 23:25

Fatu Hiva
sous-titre : Le retour à la Nature
de Thor Heyerdahl

C'est un roman mais cela relate l'expérience vécue par l'auteur. Je raconte (ne lisez pas tout si vous comptez lire le livre un jour) :

Déjà lycéen (dans les années 1930), Thor Heyerdhal (norvégien) voulait tourner le dos à la civilisation aliénante, polluante, etc. Un hippie avant l'heure, pour faire simple.
Son objectif : retourner à la nature la plus vierge possible, pour retrouver une harmonie, une façon paisible de vivre avec la nature.
Jeune étudiant de zoologie et de géographie, avec sa femme qui étudie la sociologie, il réussit à se faire missionner à Fatu Hiva, dans les îles Marquise pour étudier la faune locale et essayer de comprendre d'où elle a pu venir. Ca se passe en 1937. Il a soigneusement sélectionné, avec sa femme, Fatu Hiva comme l'un des derniers endroits vierges, non envahi par la civilisation occidentale.

Long voyage en bateau (à l'époque) jusqu'à Tahiti, puis attente qu'un autre bateau aille à Fatu Hiva.

Là bas : un pasteur protestant, un prêtre catholique, un métis qui fait un peu de commerce, et des indigènes. Pas d'administrateur (bien que territoire français), pas de dispensaire, pas d'école, un bateau qui vient rarement : un coin absolument sauvage et reculé.
La population indigène est très réduite. En plus du mode de vie traditionnel basé sur une nourriture naturellement abondante, cette population récolte et sèche du coprah, pour le vendre lors du passage du bateau qui vient de loin en loin, et acheter avec lcet argent un peu de vêtements, de nourriture occidentale, d'ustensiles...

Sur l'île, tous les terrains ont un propriétaire. Pour un prix dérisoire, Thor loue un grand terrain dans la montagne pour un an.
Ils vont sur ce terrain et sont enchantés : c'est un ancien peuplement, et même ancien palais du "roi" de l'île, donc il y a une profusion d'arbres fruitiers plus ou moins redevenus sauvage. Noix de coco, goyaves, bananes, mangues ; crevettes dans la rivière... la nourriture abonde.
Les indigènes leur construisent une cabane en bambou et feuillage, se contentant de petits objets plus ou moins volés en paiement. Et les voilà tous deux seuls, à vivre comme des robinsons.

Il y a deux types de considérations qui sous-tendent le bouquin (je l'évoque maintenant pour ne plus y revenir) :
1) peut-on échapper à la civilisation, pourquoi l'homme court-il ainsi à sa perte, peut-on encore vivre en harmonie avec la nature, etc.
2) comprendre d'où est venue la population (ou les vagues de population) qui ont peuplé les Marquises : d'Asie comme le disaient alors la plupart des spécialistes, ou peut-être d'Amérique du Sud ? D'où viennent ces statues massives ? Peut-on traverser l'océan depuis l'Amérique du Sud sur un radeau de roseaux ? Cette question obsède Thor Heyerdahl et c'est ce qui l'amènera à faire plus tard cette traversée sur le fameux Kon Tiki.

Je passe donc sur ces considérations pour reprendre l'aspect vie/survie dans la nature :
- la vie dans la montagne serait parfaite sans les moustiques. Surtout qu'ils peuvent être porteurs du filaire de l'éléphantiasis. Les indigènes souffrent de différentes maladies, dont l'éléphantiasis, la lèpre... Après quelques mois, au début de la saision des pluies, première concession à la civilisation : vite, aller acheter au métis un morceau de moustiquaire pour enfin dormir tranquille, quitte à se faire bouffer quand même la journée.
La vie dans la montagne est idyllique... jusqu'à l'arrivée de la saison des pluies. Avec l'humidité, tout moisit. La cabane leur tombe dessus en farine à cause des vrillettes, car les indigènes l'ont construit en bambous verts, au lieu de bambous bien secs, comme ils l'auraient fait pour eux ; c'était juste pour des blancs !
- il y a aussi un épisode, durant cette saison des pluies, où les indigènes, pourtant si amicaux au début, leur deviennent hostiles... à cause de la guerre de religion. En tant que norvégiens, ils sont protestants même si peu pratiquants, donc proches du pasteur protestant et de son sacristain. Problème : tous les autres villageois sont catholiques. Dans la guéguerre entre le pasteur et le prêtre à qui gagnera des âmes, les indigènes catholiques se retrouvent donc hostiles envers eux. C'est encore envenimé par le fait qu'aucun bateau ne passe ; les indigènes ayant pris l'habitude d'être dépendants de la farine et du riz, cette absence se fait durement sentir, d'autant qu'il n'y a plus de fruits d'arbre à pains à la saison des pluies. C'est une disette, et le propriétaire du terrain vient leur piquer les fruits malgré le fait qu'il leur ait loué le terrain : eux aussi souffrent donc de cette disette partielle.
Ca s'envenime au point qu'il y a un projet d'attentat contre eux, les villageois projettant de mettre un scorpion très venimeux dans leur maison. Ils s'enfuient temporairement sur les hauts plateaux pour échapper à cette hostilité.
- Et surtout, avec la pluie, il ya une boue épaisse de partout, et ils devéloppent une affection, le fe-fe : des plaies aux jambes qui au lieu de guérir n'en finissent pas de s'étendre. Un indigène leur prescrit des emplâtres de fleurs d'hibiscus : ça fait du bien mais ça ne guérit pas.
Il finissent pas gagner une île voisine, dans une frêle embarcation, au péril de leur vie, pour rejoindre l'infirmier sur cette île.
L'infirmier doit leur arracher les ongles des pieds et leur enduire pieds et jambes de pommade pendant des semaines. Ils guérissent enfin. S'ils avaient continué sans traitement, il ne restait que l'amputation. Guéris, ils retournent dans l'île de Fatu Hiva.

- au retour de leur traitement, ils trouvent décidemment que leur terrain en montagne est trop plein de moustiques, et surtout trop proche de la civilisation, des indigènes, de leur maladies contagieuses et de leur hostilité. Ils traversent la montagne escarpée pour rejoindre l'est de l'île, soumise aux alizés, donc plus sèche et sans moustiques au bord de la mer (ils sont chassés dans les halliers par le vent). Là, ils découvrent un vieux et une jeune fille vaguement apparentée qui l'aide à tenir son ménage. Ce sont les deux seuls habitants de l'est de l'île. Le vieux est très content d'avoir de la visite, les nourrit, leur construit une cabane, et c'est une parfaite amitié entre eux, notamment entre Thor et le vieux, et entre la femme de Thor et la jeune fille.
C'est la vie sauvage et saine, pas de moustiques ni de maladie, l'amitié, la nature pure : l'idéal est atteint !

- manque de pot, les villageois de l'ouest débarquent un beau jour, et abusent de l'hospitalité du vieux. Ils font de la bière d'orange et s'ennivrent. Même le vieux, remonté par les autres, devient hostile aux deux blancs. Une nuit, la femme de Thor est piquée par un scolopendre (piqure très douloureuse et relativement incapacitante), et au matin ils en découvrent plusieurs dans le lit : c'est un attentat. Ils fuient donc précipitamment à nouveau, craignant la folie des indigènes pris de boisson, et retournent de l'autre côté de l'île, sur la cote ouest.

- retour au village, pas question d'y vivre : il ya toujours l'inimité des indigènes, et leurs maladies contagieuses. Ils se refugient sur une plage relativement aride, et vivent dans une grotte en se nourrissant de fruits et de produits de la mer, en attendant un bateau qui les sauvera de là. Seul le pasteur protestant et son sacristain leur auront été des amis et alliés indefectibles du début jusqu'à la fin ; eux les seuls protestants parmi des indigènes tous catholiques.

Réfugiés sur cette plage, le constat est amer : la vie sauvage, en harmonie avec la nature, n'est pas possible. Des maladies terribles et sans traitement sont présentes sur l'île ; les maladies et les moustiques vecteurs ayant d'ailleurs été introduits relativement récemment par les européens. Les indigènes ont perdu une bonne part de leur mode de vie traditionnel ; ils sont stupidement hostiles pour une question de religion...
Bref, la coupe est pleine, et même si l'aventure qui a duré un an et demi environ a été belle, c'est une délivrance quand ils peuvent enfin s'embarquer sur un bateau qui les ramènera à Tahiti puis en Norvège.

C'est une aventure qui fait réfléchir. On retient quelques trucs :
- dans les années 30, les maladies chroniques étaient le principal danger, insidieux. Même les blancs, même les gens riches, peuvent contracter l'éléphantiasis et se retrouver avec des membres déformés et douloureux, ou contracter le fe-fe et risquer l'amputation... Par rapport à leur volonté de rejet total de la civilisation occidentale, le besoin de la médecine moderne vient se rappeller très douloureusement à eux !
- les indigènes sont généralement très empressés d'abandonner leurs traditions et de prendre ce que leur amènent les blancs, même quand c'est mauvais pour leur santé, même quand ça les aliène... Par ailleurs, leur culture indigène abandonnée n'était pas non plus la vie parfaite du bon sauvage : pétrie de superstition, de tabus, pratiquant la guerre et le cannibalisme...
- les occidentaux ont perpetré un véritable génocide par l'introduction de maladies et de leurs vecteurs (moustiques, rats...). La population de ces îles a diminué d'environ 90 % en un siècle, sans même qu'il n'y ait beaucoup d'extermination directe par les colons, mais juste avec les conséquences de ces maladies importées.

Bref, on dirait bien, après avoir lu ce livre, que le bon sauvage et le paradis sur terre n'existent pas...


Dernière édition par Barnabé le 17.02.12 9:49, édité 4 fois

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Re: [Littérature] romans dédiés à la survie

Message par Athea le 17.02.12 1:48

LOL quelques remarques en tant "qu'indigène" et en rappelant que ça s'est passé vers 1936.

1°) ils sont fous ces blancs, qu'est-ce qu'ils ont à venir s'enterrer ici Shocked ?

2°) il me semble que c 1 erreur d'avoir occulté les habitants en s'isolant, je peux t'assurer que les habitants ne les ont pas oublié, l'île ne fait que 85km2, s'il avait vraiment voulu ils auraient pu aller sur une autre île vraiment déserte. En K2KK il est important de savoir qui sont ses voisins, de savoir communiquer avec et de se tenir au courant des derniers évènements.

3°)il y a également un aspect culturel : sur la notion de propriété d'abord, source de mésententes et de conflits fonciers jusqu'à nos jours, mal traduit en français. Lorsqu'un polynésien "donne" une terre, en fait il permet à la personne de jouir de la terre en y construisant sa maison par ex, mais cette terre continue de lui appartenir ainsi que les fruits de la terre, il ne peut pas voler ce qui lui appartient. Ensuite pour la maison en bambou vert c parce qu'ils leur fallait un toit de suite. Normalement, le bambou doit être coupé, trempé (parfois + d'1 mois), séché puis tressé. Et c pas fait pour durer comme la pierre, il faut régulièrement le remplacer, il y a tout ce qu'il faut dans la nature, nous on n'a pas d'hiver rude ni d'été suffocant (normalement). Tout de suite les conclusions hâtives Rolling Eyes .

4°)Il est vrai que la forte mortalité, signe d'impuissance des dieux locaux, et la médecine occidentale, signe de puissance du Dieu des nouveaux venus, ont fortement contribué à un abandon massif et volontaire des rites d'alors. Et les religieux ont été suffisamment malins pour faire reporter l'aspect sacré et respectueux vers leur Dieu et les médecins.

5°)"stupidement hostile pour une question de religion". Pourquoi stupidement? C'était une guéguerre alimenté par le prêtre (souvent français) et le pasteur (souvent anglais) relents d'une bataille dans le Pacifique de 2 grandes puissances colonialistes . Et malheureusement c toujours une question d'actualité, la religion est souvent source de conflit dans les familles et entre les amis dans le monde même en France. Ca fait partie des risques que tout olduvaïen doit prendre en compte.

Et pour finir sur une note positive voici ce qu'écrit Denis Waitley : On ne peut pas voyager jusqu'au bonheur, le posséder, le gagner, l'utiliser ou le consommer. Le bonheur c'est l'expérience spirituel de vivre chaque minute avec amour, grâce et gratitude.Very Happy

Athea
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Re: [Littérature] romans dédiés à la survie

Message par Barnabé le 17.02.12 7:48

Salut Althea,

merci pour les précisions. Je ne faisais que résumer le bouquin, donc j'ai fait des raccourcis.

1°) ils sont fous ces blancs, qu'est-ce qu'ils ont à venir s'enterrer ici ?

2°) il me semble que c 1 erreur d'avoir occulté les habitants en s'isolant

C'était leur volonté délibérée : officiellement, être en pleine nature pour prélever des échantillons de la faune ; pour leur projet personnel, il s'agissait d'essayer de vivre en communion avec la nature, comme des robinsons.
C'est bien sûr une erreur pour leurs conditions de survie, globalement, comme la suite le montre amplement. Et c'est justement un des trucs qui m'intéressent dans le bouquin !

je peux t'assurer que les habitants ne les ont pas oublié

Tu veux dire : s'en souviennent encore aujourd'hui ? Si oui, ils en disent quoi ?

Lorsqu'un polynésien "donne" une terre, en fait il permet à la personne de jouir de la terre en y construisant sa maison par ex, mais cette terre continue de lui appartenir ainsi que les fruits de la terre, il ne peut pas voler ce qui lui appartient.

Ah oui, c'est étonnant ! En droit français la location implique bien sûr que les fruits de la terre appartiennent au locataire. C'est une différence culturelle importante qui a du créer bien des conflits.
Cela dit, tel que le raconte Heyerdahl, il semble que le propriétaire n'avait pas forcément besoin de venir chercher les fruits autour de chez eux (c'est très éloigné du village), et qu'il le fait sciemment, dans le cadre de l'hostilité religieuse. Confronté par Heyerdahl, il prétend à un moment que les fruits qu'il porte viennent du terrain voisin, donc malgré le fait que, d'après ce que tu dis, les fruits lui appartiennent, il semble bien qu'il n'avait pas la conscience tranquille et qu'il préférait prétendre que les fruits venaient d'ailleurs..

Ensuite pour la maison en bambou vert c parce qu'ils leur fallait un toit de suite. Normalement, le bambou doit être coupé, trempé (parfois + d'1 mois), séché puis tressé. Et c pas fait pour durer comme la pierre, il faut régulièrement le remplacer, il y a tout ce qu'il faut dans la nature, nous on n'a pas d'hiver rude ni d'été suffocant (normalement). Tout de suite les conclusions hâtives

Sur l'abri, il dit très exactement "Ils avaient construit notre demeure avec du bambou vert et pas encore mûr, en sachant que ce matériau serait peu à peu rongé par les vrillettes. Le bambou qu'ils ramassaient pour leurs murs à eux, était dur comme de l'os et jaune dès le moment où il était coupé, et parfois, ils le trempaient même dans l'eau de mer pendant une semaine. Mais en nous construisant une habitation qui ne durerait que quelques mois, ils auraient ainsi l'occasion de revenir et de gagner plus en travaillant une seconde fois pour nous. "

5°)"stupidement hostile pour une question de religion". Pourquoi stupidement?

Sur la religion, Heyerdahl explique que les religions catholiques et protestantes n'avaient pas amorcé de raprochement à cet époque et que l'opposition était vive. Chacun considère que l'autre religion est mauvaise et mène droit en enfer ! (Quand on voit que la guerre de religion en Irlande était bien vivace jusqu'à récemment...) Heyerdahl pense que le prêtre a considéré qu'ils étaient eux aussi des missionnaires, ce qui représentait un grave danger à ses yeux puisque c'était un doublement de l'effectif (par rapport au pasteur et au sacristain qui étaient déjà là). Donc effectivement, l'opposition stupide vient avant tout des religieux. Il explique aussi que ça se passe bien avec les habitants pendant les périodes où le prêtre catholique est absent de l'île, mais que quand il est là, les habitants semblent vouloir faire du zèle !

Le livre est imprégné de racisme, au sens propre, c'est à dire qu'il distingue les races. Heyerdahl applique l'anthropologie de l'époque, qui cherche à distinguer les races et à les classer en fonction de leur caractéristiques : mensuration du crâne, aspect "négroïde" de la face, etc. Lui aussi semble considérer que "toutes les civilisations ne se valent pas."... clind'oeil Cela parait de façon très nette dans le bouquin. D'ailleurs, le mot "indigène" est utilisé dans le bouquin : c'est pourquoi je l'ai réutilisé tel quel.

Il est bien évident aussi que le livre se passe à l'époque coloniale et que la hiérarchie sociale entre colons blancs, métis et indigènes est retranscrite. Il y a par exemple un moment où, sur l'île où ils sont allé se faire soigner, ils sont mal accueillis car hirsutes et vêtus de pagne. Ils revêtent des vêtements occidentaux, signent un traveller chèque, dévalisent l'épicerie locale (en payant!) : et d'un seul coup ils sont considérés à nouveau, ils ont rejoint la caste des colons !

Il y a aussi des zones obscures dans le livre, des points qui frappent par leur absence :
- Heyerdahl n'explique jamais complètement comment l'animosité a pu monter au point qu'ils prennent peur et doivent s'enfuir plusieurs fois et vivre à l'écart.
- Liv, la femme de Heryerdahl apparaît très peu dans le roman. Et surtout, elle apparaît un peu comme un personnage qui fait ceci ou cela, mais on n'a aucune idée de ses pensées : comment vit-elle cela, quel est son ressenti de femme sur toute cette aventure ? Dans la notice anglaise de Heyerdahl sur wikipedia http://en.wikipedia.org/wiki/Thor_Heyerdahl , il est dit que Liv est "conspicuously absent" de ses livres, qu'on peut traduire par "ostensiblement absente" ou "absence criante" : c'est une opposition ironique, puisqu'une absence n'est a priori pas ostensible. Bon, en fait elle est parfois citée comme lui donnant la réplique sur ses vastes réflexions sur l'humanité, les races, les migrations. Ce qui semble transparaître, c'est qu'elle était amoureuse et admirative de son mari et qu'elle s'était totalement solidarisée avec son "trip".

- Les difficultés de communication sont très peu retranscrites ; or, entre Heyerdahl et sa femme qui sont norvégiens, et des indigènes qui parlent sûrement très peu français, la communication doit être difficile. Même si quelqu'un jouait le rôle d'interprète, utilisant probablement le français comme langue intermédiaire (le français langue étrangère apprise pour Heyerdahl comme pour l'interprète), ça ne devait pas être évident. Pour nous français, ça serait l'équivalent de parler à un chinois en utilisant un traducteur local qui ne parle que l'anglais ! On s'exprime dans un anglais moyen, le traducteur traduit ce qu'il veut bien, le chinois répond (s'il a compris la question,) le traducteur retraduit à sa sauce, et on essaye de comprendre tant bien que mal la réponse en anglais... Il y a forcément d'énormes difficultés de communication.

Quand ils sont sur la cote est (donc présents depuis peut-être 1 an), il explique qu'ils ont constitué un lexique du parler local et qu'ils le comprennent désormais mieux ; à un autre moment, il explique une incompréhension culturelle ; mais globalement il semble décrire des interactions entre des gens qui se comprennent. C'est d'ailleurs quelque chose qu'on retrouve dans les romans et films de fiction en général : il y a ceux où la barrière des langues est retranscrite avec réalisme, et il y a ceux où tout le monde semble avoir un traducteur instantané dans la tête (et pour le cinéma américain : tout le monde parle anglais donc il n'y a pas de problème de compréhension ; mais plus le personnage est hostile plus l'accent est mauvais !). Ce roman me semble gommer un peu trop ces difficultés de communication.

Globalement, c'est à prendre comme un document d'époque ou presque (car écrit en 1976, sur la base d'une première version publiée en 1938 mais jamais traduite). L'histoire est intéressante même si on ne partage pas certaines opinions de l'auteur ! En fait, les incompréhensions et les préjugés que tu cites font partie de l'intérêt du bouquin : voir comment, malgré leurs efforts, ils se "plantent" dans leur adaptation à l'île et à ses habitants.

Souvent, dans les bouquins, la survie, c'est survivre au froid, au manque de nourriture ; il faut appliquer des techniques : faire du feu, un abri, trapper ou chasser. Là, c'est l'inverse : la nourriture et l'eau sont abondantes, l'abri leur est fourni... C'est ailleurs que ça "chie" : les maladies, l'hostilité des indigènes, une déprime voire une parano évoquées à mi-mots... C'est bien ce côté "plantage humain" que je trouve très intéressant sur l'aspect "survie" !

Pour moi, ça fait partie des quelques bouquins marquants sur cette difficulté de compréhension, d'adaptation, sur l'aventure qui se passe mal à cause des moustiques, maladies, hostilités... dans le genre j'avais aussi été impressionné par Voyage sans cartes de Graham Green : faudra que je le relise.


Dernière édition par Barnabé le 17.02.12 12:31, édité 9 fois

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Re: [Littérature] romans dédiés à la survie

Message par Philippe13 le 17.02.12 9:03

Barnabé a écrit:..... (quand on voit que la guerre de religion en Irlande était bien vivace jusqu'à récemment).....


Attention:

-Catholiques = indigène de vieille souche celte
-Anglicans = prolétariat anglais "importés" au XIX siècle par les anglais qui souhaitaient déposséder les irlandais d'origine même du travail en usine et les pousser à l'exil.

Si ça ne se voit pas à l'oeuil nu ce sont deux populations différentes et non une population divisée par ses options religieuses.

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Re: [Littérature] romans dédiés à la survie

Message par Barnabé le 17.02.12 9:31

Phillippe : oui, c'était juste une comparaison hâtive pour montrer que des oppositions farouches entre deux religions du christianisme ont existé encore récemment.

Dans le bouquin aussi, il n'y a pas que la religion comme différence ! Couleur de peau, langue, culture : ils sont très différents des habitants..

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Re: [Littérature] romans dédiés à la survie

Message par Barnabé le 17.02.12 12:13

A propos des maladies :
- l'elephantiasis ou filariose lymphatique dont souffrent les habitants de la polynésie française :
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89l%C3%A9phantiasis (faites une recherche google images si vous voulez vous faire très peur !)
- 80 ans après l'époque de ce bouquin, 120 millions de personnes en sont porteuses et 40 millions en souffrent gravement dans le monde (chiffres 2007). Les perspectives d'élimination de la maladie existent enfin grâce à un traitement relativement récent : http://www.revuemedecinetropicale.com/291-296_-_rg_karam.pdf
- le point en 2010 sur ce programme d'éradication appliqué à la polynésie française : http://www.tahitipresse.pf/wp-content/uploads/2010/03/dossier-filariose.pdf

Le fe-fe : je n'ai pas trouvé de quoi il s'agit. Quelqu'un sait-il quelle est cette maladie ?

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Re: [Littérature] romans dédiés à la survie

Message par KrAvEuNn le 17.02.12 15:54

Salut !
Barnabé a écrit:Le livre est imprégné de racisme, au sens propre, c'est à dire qu'il distingue les races. Heyerdahl applique l'anthropologie de l'époque, qui cherche à distinguer les races et à les classer en fonction de leur caractéristiques : mensuration du crâne, aspect "négroïde" de la face, etc.
La distinction de l'humanité en plusieurs races n'est pas forcément apparentée au racisme, notamment s'il n'y a pas hiérarchisation des races. L'anthropologie physique, ou anthropobiologie, ou anthropologie biologique, est une sciences qui a parfois flirté avec le racisme, en effet, autrefois ; mais ce fut une dérive. Je n'ai pas lu le livre et je ne peux donc pas juger sur pièce, mais attention à ne pas confondre les deux. clind'oeil Toutefois, dans l'exemple que tu cites, il semble plutôt s'agir d'anthropométrie ; peut être du racialisme. L'anthropologie physique divise toujours l'humanité en races, mais on lui préfère généralement, en Europe, le terme de groupes humains (moins connoté). Race humaine - sujet à polémique s'il en est.

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Re: [Littérature] romans dédiés à la survie

Message par Athea le 17.02.12 22:06


@Barnabé

"je peux t'assurer que les habitants ne les ont pas oublié
Tu veux dire : s'en souviennent encore aujourd'hui ? Si oui, ils en disent quoi ?



Non, non, juste que tout le monde savait qu'il y avait des gens (un peu fous) à cet endroit. Je pense même que par curiosité certains sont venus les observer et apparemment sans qu'ils s'en aperçoivent. C trop petit, ils ne pouvaitent pas s'isoler.

Le fe-fe : je n'ai pas trouvé de quoi il s'agit. Quelqu'un sait-il quelle est cette maladie ?
C un furoncle. Problème d'hygiène peut-être ou travail de la terre? Il ne devait pas avoir leur kit 1er secours!

Concernant l'elephantiasis, j'en ai jamais vu avec des déformations aussi spectaculaire sauf dans les livres, ça a quasiment disparu bien qu'on ait trouvé 1 cas exceptionnel qui se cachait. Mais tous les ans il ya 1 campagne via l'OMS pour la prise en 1 fois de cachets (la Notézine) distribués à toute la population. On estime que 10% de la pop est porteuse de filaires, 1 millier présente des déformations physiques - pas aussi grave mais quand même. Les moustiques! Sales bestioles!

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Re: [Littérature] romans dédiés à la survie

Message par Barnabé le 17.02.12 23:05

Athea a écrit:
Le fe-fe : je n'ai pas trouvé de quoi il s'agit. Quelqu'un sait-il quelle est cette maladie ?
C un furoncle. Problème d'hygiène peut-être ou travail de la terre? Il ne devait pas avoir leur kit 1er secours!


D'après ce qu'ils décrivent, ça a commencé à partir de petites blessures faites sur les rochers, et ça se développe dans le contexte de la saison des pluies, avec de la moisissure et de la boue partout. Donc, apparemment, c'est un méga furoncle qu s'étend et ne guérit pas.

Et à l'époque il n'y avait pas d'antibiotiques, bien sûr.

Merci pour l'info.

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Re: [Littérature] romans dédiés à la survie

Message par Athea le 18.02.12 5:20

à partir de petites blessures faites sur les rochers


Ben c une infection alors, parce que un furoncle c pas à partir d'une blessure visible. Tout d'un coup tu t'aperçois que t'as mal à un endroit et quand tu touches ça fait une petite bosse, c chaud et un peu rouge. On appliquait un coton imbibée de Dakin pendant bien 5mn.

la saison des pluies
. C pas la mousson non plus . Ce sont des averses (si t'es dessous ben t'es trempé) entrecoupées d'un beau soleil tout brillant . Donc ton linge essoré que t'as étendu il est re-mouillé puis il sèche puis il est re-mouillé etc... faut juste que t'arrives au bon moment Rolling Eyes. Mais c vrai qu'en milieu tropical l'humidité peut aggraver les petits bobos si on n'y prend pas garde. Ca fait bouillon de culture... Taux d'humidité par ici entre 79 et 80%.

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Message par aldebarande Aujourd'hui à 9:55

Dans la série Romans instructifs, Il y a les livres de Didier Quesne : la série Sanglornis Prima.

Éditions nestiveqnen
COLLECTION FRACTALES
Fantasy
Novembre 2001
Moyen Format (13 x 20) – 272 pages
ISBN :
2-910899-41-1
Prix : 19 Euros


Le tome 1 : Les chasseurs est le plus intéressant pour nous (bien que les 4 forment une honnête série de fantasy sympathique à lire).


Il décrit l’apparition sur terre d’une race hybride crée en laboratoire par génie génétique, les Sanglornis Prima, crées pour leur fourrure. Cependant, il s’avère que ces animaux ont des capacité extra-sensorielles de lecture dans les pensées et d’influence des pensées qui fonctionnent particulièrement bien avec les êtres intelligents, donc les humains, et qu’ils sont carnivores.

Ce livre décrit l’apparition d’un prédateur pour l’espèce humaine. Prédateur qui annule par ses capacités l’avantage de l’être humain sur l’animal : son intelligence. Pour nous, pas de griffes, de défenses, de fourrure… seule notre intelligence nous permet de survivre face à nos prédateurs.

L’intérêt du livre est de montrer la vitesse à laquelle notre civilisation peut s’effondrer dés lors qu’un élément quelconque (en l’occurrence un prédateur mais ce pourrait être la fin du pétrole bon marché, une invasion, un virus mortel, des troubles sociaux…) empêche les déplacements (et donc les approvisionnements…).

4ème de couverture :

Laure est une étudiante en biologie qui s’inquiète des manipulations génétiques qui sont entreprises dans le laboratoire où elle fait son stage. Une nouvelle race hybride (les Sanglornis prima) est en train de prendre vie et se transforme bientôt en monstre dont l’intelligence égale la soif de sang. Et lorsque les spécimens de laboratoire s’échappent, la chasse commence. Mais qui est le gibier ? et qui sont les chasseurs ?



Le second livre, dangereux élevage, conte la vie dans un pays revenu à une ère moyenâgeuse pré-technologique. il est intéressant pour la vision du retour à une société féodale (gouvernements de proximité en raison de la difficulté et dangerosité des déplacements) et pour la vision du devenir des équipements modernes avec la raréfaction de l’énergie (disparition de quasiment toute technologie mais pérénité des routes bitumées, des immeubles…)

4ème de couverture :

Après l’extension des Sanglornis - une nouvelle espèce de carnassiers particulièrement hostiles - les hommes ont dû s’adapter pour survivre. Regroupés dans des villages ou des fermes fortifiées pour échapper aux attaques incessantes des Sanglornis, la vie s’organise tant bien que mal en autarcie.
Mais lorsque Marc Soters, apprenti sorcier à ses heures, parvient à créer dans son laboratoire de fortune une nouvelle espèce de cheval plus endurant et surtout plus rapide que les Sanglornis, la découverte se répand rapidement et ne tarde pas à parvenir aux oreilles du pouvoir Impérial.
Voyant tout l’intérêt de cette nouvelle espèce, l’empereur et son bras armé, l’Inquisition, comptent bien s’approprier cette découverte et ce, à n’importe quel prix…



Les deux autres livres n’offrent à mon sens que peu d’intérêt pour le survivalisme (mais sont de sympathiques romans), ils ne font qu’exploiter le monde crée, un nouveau moyen-âge où le peu de technologie restant n’est accessible qu’à la minorité gouvernante et où un prédateur terrible hante les campagnes.

aldebarande

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Loisirs: scoutisme, survie
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